Négociation sur les salaires 2026 : une deuxième réunion qui confirme le décalage entre la direction et les salariés !

La deuxième réunion de négociation salariale s’est tenue ce lundi 12 janvier 2026. Si la direction a formulé une première proposition chiffrée, celle-ci reste très en deçà des attentes des salariés et des exigences portées par les organisations syndicales, au regard des résultats économiques de l’entreprise. Une interruption de séance a toutefois permis aux Organisations Syndicales de se positionner collectivement et de poser les bases de la suite des discussions.

Des propositions largement insuffisantes face aux résultats de l’entreprise

Pour mémoire, la première réunion de négociation avait été marquée par une déclaration syndicale volontairement musclée de la part de la CFDT. Nous y rappelions notamment la rentabilité particulièrement élevée de l’entreprise et dénoncions le manque de volonté de la direction à redistribuer équitablement les richesses produites. Cette politique avait conduit, l’an passé, à une non-signature de la part de l’ensemble des Organisations Syndicales rejetant unanimement des propositions jugées indécentes.

Lors de cette deuxième réunion, la direction a présenté une première proposition d’enveloppe globale de 1,15 % décomposée de la manière suivante :

– 0,85 % d’augmentation générale (pour les catégories Ouvriers / Exécutions et Maitrises)
– 0,3 % d’augmentations individuelles (AI intégrale de 1,15% pour les cadres)

Si le préalable posé par les organisations syndicales — à savoir l’ouverture de discussions sur la base d’une augmentation générale à minima au niveau de l’inflation — a été partiellement respecté, cela soulève néanmoins un problème majeur. En effet, la direction ne retient pas les mêmes chiffres d’inflation que ceux portés par les organisations syndicales, tronquant ainsi dès le départ les chiffres réels de l’Insee pourtant à appliquer*.

Par ailleurs, la part restante de l’enveloppe, censée reconnaître l’ancienneté dans l’entreprise ainsi que l’investissement et l’engagement des salariés à la hauteur des excellents résultats financiers, ne répond absolument pas aux attentes. Cette proposition ne permet ni de valoriser durablement les parcours professionnels, ni de reconnaître équitablement la contribution collective à la performance de l’entreprise.

Face à ce constat, les organisations syndicales ont demandé une interruption de séance. Cette suspension a permis, après une heure d’échanges, de dégager une position syndicale unanime : une proposition d’enveloppe globale portée à 2 %. Les clés de répartition de cette enveloppe devront être discutées et définies lors de la troisième et dernière réunion de négociation, prévue le mercredi 21 janvier prochain.

La direction suivra-t-elle ces propositions ou restera-t-elle retranchée, comme à l’accoutumée, dans sa feuille de route déconnectée de son environnement direct ?

D’autres Sociétés Concessionnaires d’Autoroute semblent en tout cas avoir compris l’importance d’embarquer collectivement ses salariés vers la fin de concession en ouvrant la porte aux attentes sociales prioritaires telles que des augmentations salariales dignes. Un accord majoritaire sur les négociations salariales 2026 a en effet été trouvé sur la société SANEF… à 2% d’enveloppe globale.

En attendant, vos élus CFDT restent pleinement mobilisés et abordent cette dernière échéance avec détermination en rappelant que seule une revalorisation salariale à la hauteur des résultats de l’entreprise et de l’engagement des salariés pourra conduire à une signature de la CFDT.

*La direction retient comme base d’inflation l’indicateur en Glissement Annuel sensiblement moins élevé, ces dernières années, que l’indicateur en Moyenne Annuelle.
Voici ce que dit l’Insee : « Moyenne annuelle et Glissement annuel sont des concepts différents : l’évolution en Moyenne annuelle compare les prix d’une année donnée à ceux de l’année précédente ; le Glissement annuel compare les prix d’un seul mois d’une année donnée à ceux du même mois de l’année précédente. »
Il en convient donc que le chiffre le plus représentatif d’une année N-1 — qui servira de base à une négociation annuelle — est bien l’évolution en Moyenne Annuelle.

Les chiffres d’inflation pour 2025 :

CFDTAdmin

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