Non à une GEPP au rabais : la CFDT refuse un accord qui dégrade les conditions de travail

Après plusieurs mois de négociations, la CFDT a fait le choix de ne pas signer le projet d’accord GEPP proposé par la Direction. Cette décision n’est ni idéologique ni politique : elle est le reflet direct des très nombreuses remontées des salariés de terrain, qui expriment massivement leur opposition à la mesure centrale de cet accord : la généralisation de la polyvalence. Derrière le discours présenté par l’entreprise comme une « adaptation nécessaire », les salariés voient surtout une nouvelle dégradation de leurs conditions de travail, dans un contexte où les effectifs ne cessent déjà de diminuer et où les organisations de travail sont de plus en plus tendues.

Une polyvalence imposée pour compenser le manque d'effectifs

Depuis le début des discussions, la CFDT a alerté la Direction : les salariés ne veulent pas d’une polyvalence généralisée imposée sous couvert de pseudo-volontariat. Beaucoup refusent légitimement d’être déplacés vers des missions qu’ils ne souhaitent pas exercer, notamment dans des secteurs déjà fortement dégradés comme la Téléassistance.

​Cette mesure ne répond à aucune nécessité opérationnelle sérieuse. Elle sert avant tout à permettre à l’entreprise de ne pas remplacer les nombreux départs à la retraite à venir par des embauches, malgré l’excellente santé financière de notre société.

Or les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 430 départs à la retraite sont attendus entre 2026 et 2028. Dans le même temps, les effectifs diminuent continuellement, les dysfonctionnements sur les sites se multiplient et les salariés subissent déjà une surcharge de travail importante.

Une GEPP sans vision stratégique ni ambition sociale ­

Au-delà de la polyvalence, ce projet d’accord est surtout marqué par le vide. Une véritable GEPP devrait préparer l’avenir de l’entreprise et sécuriser les parcours professionnels des salariés. Pourtant, les sujets essentiels ont été soit ignorés, soit traités de manière très superficielle :
– absence de véritables parcours professionnels ;
– très peu d’avancées sur les évolutions de carrière et la reconnaissance des compétences ;
– insuffisance des mesures de formation ;
– recul préoccupant de l’alternance et des recrutements ;
– aucune réponse sérieuse aux enjeux liés à la pyramide des âges.

Cette absence de vision est d’autant plus incompréhensible que notre entreprise devra faire face, dans moins de 10 ans, à l’échéance majeure de la fin des concessions autoroutières. Dans ce contexte, il aurait fallu un accord ambitieux, préparant l’avenir, développant les compétences et redonnant des perspectives aux salariés.
Au lieu de cela, la Direction propose essentiellement une logique d’économies permanentes et de flexibilité accrue.

La CFDT reste fidèle à une seule priorité : les salariés ­

Cet accord est désormais à la signature des organisations syndicales avec comme date butoir le mercredi 27 mai. La CFDT n’étant pas signataire, l’entreprise devra recueillir la validation d’au moins 3 des 4 autres organisations syndicales représentatives (à savoir FO, UNSA, CFE CGC et CGT) pour que l’accord soit validé. Chacun prendra ses responsabilités !

Pour la CFDT, notre position reste claire : notre seule boussole demeure l’intérêt des salariés, la défense de leurs conditions de travail et la reconnaissance de leur engagement quotidien.
Nous refusons de cautionner un accord qui :
– organise la polyvalence généralisée sans adhésion des équipes ;
– accompagne la baisse des effectifs sans garanties d’embauches ;
– fragilise les collectifs de travail ;
– ne répond pas aux véritables enjeux d’avenir de l’entreprise.

Les salariés méritaient un accord ambitieux, construit avec eux et pour eux. Ce texte ne répond pas à ces exigences. C’est pour cette raison, et uniquement pour cette raison, que la CFDT a décidé de ne pas le signer. ­

CFDTAdmin

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